Logo ENAP
Connexion

5 avr. 2018 L'analyse comparative, outil d'aide à la décision dans les administrations publiques

L'analyse comparative est une démarche consistant à comparer de manière systématique des politiques, des programmes, des modes de gouvernance ou des modes de fonctionnement organisationnel, dans le but de soutenir les décisions visant à les améliorer. Il s'agit d'un outil d'aide à la décision que les dirigeants des organisations publiques doivent adapter à leurs besoins et qui peut en conséquence revêtir des formes diverses. Explications d'Alexandre Gurau, agent de recherche et de planification à la Direction des services aux organisations.

« Quelles sont les principales tendances dans notre secteur d’intervention? » « Est-ce que des ministères ou des organismes similaires au nôtre gèrent mieux les programmes et les services gouvernementaux qui leur sont confiés? » « Qu’est-ce qu’ils font mieux que nous? » « Comment le font-ils? » « Quels sont les éléments essentiels que devrait contenir la nouvelle stratégie ou la nouvelle politique dans notre domaine d’activité? » « Y a-t-il des facteurs particuliers à prendre en considération pour en assurer le succès? » « Quels sont les écueils à éviter lors de la mise en œuvre? »

Voici des exemples de questionnements qui amènent les dirigeants des organisations publiques à scruter l’horizon à la recherche d’expériences menées dans d’autres administrations, susceptibles de les guider et de les inspirer. L’analyse comparative est définie, pour les besoins de cet article, comme une démarche consistant à comparer de manière systématique des politiques, des programmes, des modes de gouvernance ou des modes de fonctionnement organisationnel, dans le but de soutenir la prise de décision visant à les améliorer.

Définir les besoins
Les besoins justifiant l’amorce d’une analyse comparative varient sensiblement d’une organisation à une autre. Dans certains cas, les dirigeants souhaitent changer des façons de faire qui leur semblent inefficaces, inefficientes ou carrément désuètes. Pour ce faire, ils veulent savoir où se situent les programmes ou services dont ils sont responsables par rapport aux tendances dans leur secteur d’activité. Dans d’autres cas, les décideurs cherchent à déterminer la réponse adéquate à un problème public auquel ils sont confrontés pour la première fois. Par ailleurs, plusieurs organisations publiques ont l’obligation légale de comparer périodiquement leur performance à celle d’organisations semblables (ex.: Loi sur l’administration publique et Loi sur la gouvernance des sociétés d’État au Québec). Ainsi, quel que soit le besoin déclencheur, l’analyse comparative demeure un exercice fondamentalement contextuel.


Choisir le type d’analyse
En fonction de la finalité visée, les analyses menées dans une perspective comparative peuvent se situer à un niveau de complexité plus ou moins élevé, avoir une envergure plus large ou plus restreinte et, de ce fait, revêtir des formes diverses. Par exemple, un exercice de type survol pourrait consister en une revue de littérature permettant de repérer les principales tendances internationales par rapport à une problématique publique donnée. Une étude de pratiques exemplaires constituera un guide judicieux pour la prise de décision visant à changer, à améliorer ou à innover les façons de faire d’une organisation. Une analyse détaillée portant sur les politiques, les programmes ou d’autres initiatives dans un secteur particulier d’intervention publique, menée sur plusieurs pays, éclairera les décideurs sur les modes de concertation et de coordination des parties prenantes, les sources de financement, les modalités de suivi, etc. Enfin, une étude d’étalonnage (ou de benchmarking) permettra de comparer la performance relative d’une organisation publique à celle d’entités semblables, au moyen d’indicateurs et d’autres paramètres préalablement définis.

Il est à noter que les formes d’analyse comparative susmentionnées ne sont pas nécessairement distinctes ou exclusives; au contraire, elles se situent sur un continuum. À titre d’illustration, une revue de littérature ou une étude de bonnes pratiques peut servir à déterminer les organisations comparables les plus pertinentes pour une étude d’étalonnage ultérieure. Autrement dit, un exercice simple, de type survol, peut constituer l’étape préalable d’une analyse comparative plus poussée.


Déterminer les paramètres
Comment déterminer les paramètres de la comparaison, à savoir les éléments à considérer lorsqu’on examine comparativement des politiques, des programmes, des stratégies, ou encore des aspects particuliers du fonctionnement d’organisations publiques? Ces éléments doivent être définis au tout début, en fonction des besoins de l’organisation qui souhaite amorcer une démarche comparative et compte tenu du contexte particulier qu’elle traverse. Lors des exercices de comparaison à plus long terme, comme les exercices d’étalonnage, certains paramètres de comparaison, notamment les indicateurs de performance, sont raffinés progressivement grâce à la contribution de l’ensemble des entités participantes.

Comment choisir les comparables les plus pertinents? Les chercheurs de l’ENAP possèdent une bonne connaissance des administrations publiques performantes. Ils ont accès à des banques de données spécialisées et aux grandes études comparatives périodiques publiées par des organisations internationales comme l’OCDE. Le bulletin Observgo et les bulletins de veille stratégique que l’ENAP produit pour diverses organisations sont des outils permettant à nos chercheurs et à nos professionnels de se tenir informés des expériences tentées par les administrations publiques les plus innovatrices. De plus, ils ont tissé, au fil des ans, un réseau d’informateurs-clés dans diverses administrations publiques du monde afin d’avoir accès à l’information qui n’est pas rendue publique.

Travailler avec des experts
Depuis plusieurs années, l’ENAP accompagne les ministères et les organismes du gouvernement du Québec dans leurs efforts d’apprentissage organisationnel inspiré des expériences des autres administrations. Elle peut vous aider à développer vos « réflexes » de comparaison lors du processus de prise de décision, que ce soit pour l’amélioration de façons de faire particulières ou pour l’amélioration de la performance d’ensemble de votre organisation.

Si vous avez des questions, veuillez nous contacter.